La courbe dite de survie suite aux travaux du
docteur Hermann BRUGGER et du professeur Markus FALK.
Les cas étudiés (332) sont ceux
qui ont été enregistrés en Suisse
entre 1981 et 1989 par le centre
de Recherches de Davos.
Sur 105 personnes, entièrement
ensevelies sous une avalanche entre 0 et 15 minutes,
98 ont survécu, 7 seulement ont trouvé
la mort. Cela correspond à une probabilité
de 93 % pour les personnes ayant été
ensevelies durant 15 minutes au maximum. Parmi ces
7 personnes; cinq avaient reçu des blessures
mortelles et une n'avait pas eu les premiers soins
lors de son dégagement.
L'analyse montre que la probabilité
de survie pendant les 15 premières minutes
est beaucoup plus élevée qu'on ne l'avait
supposé jusqu'alors.
Les
4 phases de la courbe de survie
1 : la phase de survie.
De 0 à 18 minutes. La probabilité de
survie est de 91%, le risque de mourir est faible.
2
: la phase d'asphyxie.
De 18 à 35 minutes. C'est lors de cette phase
que le risque de mourir par asphyxie est le plus important,
aucune survie n'étant possible sans poche d'air
ou avec un thorax comprimé.
3
: la phase latente.
De 35 minutes au sauvetage. Quelques victimes disposant
d'une poche d'air, réussissent à survivre
durant cette phase. Elles se trouvent alors dans une
"phase de relative sécurité"
qui leur permet de survivre plus ou moins longtemps.
4
: la phase de sauvetage.
Du sauvetage jusqu'à l'arrivée à
l'hôpital. De nouveau le risque d'une issue
fatale est très grand : dangers encourus lors
du sauvetage, hypothermie rapide.
Conclusions.
La répartition de la durée d'ensevelissement
en 4 phases montre que la chance de sortir vivant
d'une avalanche est, finalement, réduite à
15 minutes.
Le brusque décroissement
de la probabilité de survie dans le délai
compris entre 18 et 35 minutes montre que tout se
joue pendant les 30 premières minutes.
D'où l'importance du secours immédiat
apporté par les compagnons de randonnée.
Pour diminuer le taux de mortalité, il faudrait
améliorer les méthodes de secours immédiat.
Il faut être conscient
que tout dépend de la rapidité et de
l'efficacité à secourir son compagnon.
Mais ce secours a bien évidemment ses limites
lorsqu'on tient compte du fait que même un secouriste
expérimenté, qui travaille dans des
conditions idéales, a besoin d'au moins 3 à
5 minutes pour repérer une victime et, muni
d'une pelle, d'au moins 10 à 15 minutes pour
dégager une personne ensevelie sous un mètre
de profondeur.
Bien que la probabilité
de survie soit importante pendant les 15 premières
minutes, il ne faut cependant pas créer de
faux espoirs, car tout ensevelissement total présente
un risque avec, dans 54 % de cas une issue fatale.
La sécurité
passe donc essentiellement par la prévention
et la connaissance de la neige dans la pratique.
** Source
revue ANENA n°65 de mars 1994 **
Signaux
internationaux d'alarme en montagne
Les signaux internationaux
d'alarme en montagne sont commentés sur le
site de la fédération française
de montagne et d'escalade (FFME).